
En suivant rigoureusement toutes les recommandations de cet article, presque n’importe quel propriétaire pourra construire lui-même les fondations de son extension. De plus, en réalisant les travaux soi-même, le coût de la construction sera considérablement inférieur à celui de la main-d’œuvre engagée via une annonce. L’idéal est de se souvenir des étapes clés de la construction principale et de disposer du projet avec les données de l’étude géotechnique. Tout cela facilitera et accélérera grandement la réalisation des fondations.

Liaison entre les fondations principales et celles de l’extension
Lorsque l’on envisage d’ajouter une extension à sa maison principale, il faut comprendre qu’on ne peut pas simplement la « coller ». Toute construction doit être réalisée de manière réfléchie et après des calculs rigoureux, au risque d’endommager le logement existant. En effet, la nouvelle extension exercera une pression sur le sol, qui pourrait se mettre à bouger et ainsi causer des dommages à la structure. C’est pourquoi, lors de la construction d’une extension, il est essentiel de lier ses fondations à celles de la maison existante.

Il existe plusieurs manières de lier les fondations :
- La liaison rigide : cette méthode est à privilégier pour les maisons construites depuis longtemps et dont les fondations sont déjà stabilisées. De plus, il faut s’assurer par des calculs simples que la nouvelle charge n’entraînera pas de déformation des anciennes fondations ;
- L’aménagement de joints de dilatation spéciaux.
Petite parenthèse : la liaison rigide ne doit en aucun cas être utilisée sur des sols non gonflants.
Examinons plus en détail chacune des méthodes pour réaliser les nouvelles fondations d’une extension de maison en bois.
Le système de liaison rigide des fondations
Avant de commencer à couler les fondations de l’extension, il faut se rappeler sur quel type de fondation la maison a été construite. Les types les plus courants sont les fondations en bandes ou sur poteaux ; plus rarement, on trouve des fondations sur radier ou sur pieux.
Outre le type de fondation, plusieurs autres facteurs pouvant influencer la future construction doivent être déterminés, à savoir :
- la profondeur à laquelle les fondations sont posées ;
- déterminer l’espace qu’elles occupent sous la maison ;
- identifier les types et les sortes de matériaux de construction utilisés pour la base.
Ce n’est pas un drame si une partie de l’information est perdue, elle peut être retrouvée grâce à de nouvelles investigations. Pour ce faire, on creuse une tranchée le long de l’ancienne fondation pour se faire une idée de ses dimensions. Sa largeur est déterminée à l’aide d’un outil simple : un morceau de fer à béton avec une extrémité en forme de tisonnier. Cette extrémité doit être glissée sous la base de manière à ce qu’elle repose juste en dessous.

Ensuite, il faut faire pivoter le fer à béton jusqu’à une position horizontale et le tirer jusqu’à ce qu’il bute contre la paroi arrière, puis faire une encoche à l’endroit où le mur se termine. Retirez la sonde et répétez l’opération tout le long du mur ; cela permettra d’obtenir une image assez précise des dimensions des fondations.
La nouvelle fondation doit être exactement du même type que l’ancienne. De plus, sa construction doit être précédée par des calculs du gonflement du sol sur le site. Ces calculs sont impératifs, sans excuses du type « je ne construis qu’une petite extension » ou « elle sera en matériaux légers ». Par ailleurs, les nouvelles fondations ne doivent pas être plus profondes que les anciennes ; elles doivent être au même niveau.
À l’étape suivante de la construction, il faudra percer des trous pour les fers d’armature. Les trous doivent être légèrement plus grands que le diamètre des barres elles-mêmes. Les constructeurs inexpérimentés se demandent souvent : à quelle profondeur faut-il ancrer l’armature ? Pour ce calcul, il existe une formule universelle : la profondeur d’ancrage doit être de 35 fois le diamètre de la barre.
Il arrive que la largeur de la fondation existante soit insuffisante pour percer des trous à la profondeur requise. Dans ce cas, on procède comme suit : des fentes verticales sont réalisées sur la face de la dalle, dans lesquelles on insère des coins spéciaux. Ce système est appelé fixation par ancrage ; grâce à lui, la nouvelle fondation sera solidement liée à l’ancienne.
Il est très important de calculer correctly le nombre de barres d’armature nécessaires. La solidité de toute la structure en dépend : si vous en installez trop peu, la fondation sera faible ; si vous en mettez plus que ce que la technologie exige, ce sera une dépense inutile. En règle générale, on les installe à raison de 5 barres par quart de mètre. La longueur nécessaire des barres peut être découpée à la meuleuse ou commandée sur mesure. Pour renforcer l’effet des barres installées, on peut souder de petits morceaux de métal ou des écrous à leurs extrémités libres. Ces extrémités seront coulées dans le béton, ce qui apportera un renforcement supplémentaire à la structure.
Aménagement correct des joints de dilatation
Le joint de dilatation permet d’éviter les conséquences négatives des variations de température saisonnières et journalières. Pour créer ce qu’on appelle un joint de rupture, lors du coulage des nouvelles fondations, il faut laisser un petit espace (2 cm pour les petites constructions et 5 cm pour les bâtiments de plus d’un étage) entre les anciennes et les nouvelles fondations. Pour obtenir un joint droit et régulier, on peut utiliser une planche de l’épaisseur requise, enveloppée dans un film polyéthylène et placée entre les deux fondations.
Creusement de la tranchée et coulage de la future fondation
Avant de commencer à creuser les tranchées pour la future fondation, il est nécessaire de définir clairement son emplacement et de marquer ses limites. Cela facilitera grandement tous les travaux à venir. Pour un marquage plus visuel, on peut utiliser des piquets et une bobine de ficelle. Les diagonales, tracées dans les coins de la tranchée, permettent de vérifier l’équerrage de la future fondation. À l’aide d’un fil à plomb, on peut obtenir des parois droites et verticales, ce qui est également un facteur important pour la solidité et la qualité de la future structure.

Si l’extension est de petite taille, la tranchée peut être creusée à la main ; sinon, il est préférable de faire appel à des engins de chantier. Une fois la fosse creusée aux bonnes dimensions, il faut y réaliser une première isolation et y déposer un lit de sable et de gravier. Ensuite, il faut prévoir tous les raccordements et réseaux nécessaires avant de procéder au coulage des fondations.

Lors de la préparation du béton, plusieurs règles obligatoires doivent être respectées :
- choisir un ciment résistant au gel pour les fondations ;
- respecter scrupuleusement l’ordre d’ajout des composants du béton : l’eau, le gravier, le sable fin, et seulement ensuite le ciment ;
- acheminer rapidement le béton prêt à l’emploi sur le chantier, car il durcit vite et devient inutilisable pour le coulage ;
- installer le coffrage seulement après avoir rempli la tranchée de béton, et ne le retirer qu’une semaine au minimum après le coulage ;
- avant de construire l’extension, il est nécessaire de poser une étanchéité sur les fondations.

En respectant toutes ces conditions, il sera tout à fait possible de réaliser soi-même, avec succès, une base de qualité pour la future extension de sa maison en bois. Le coût de la construction se limitera alors au prix des matériaux de construction et des outils loués.